Tokyo Pop Lab

 

treepop

A l’angle des rues Yonbanchō et Nibanchsō se situe un drôle d’objet. Ou plutôt des drôles d’objets. De formes pas vraiment définies ils semblent plantés là, comme des arbres. Une toile de fils métalliques les recouvre. Ses reflets variants au gré de la lumière empêche de discerner ce qu’il se passe derrière. Entre chaque forme de l’espace. Parfois si important qu’il laisse filler le regard jusqu’aux arbres majestueux du parc mitoyen. On devine aussi des plancher qui, tels des lianes, relient les formes les unes aux autres. Parfois, au contraire, les volumes sont si proches qu’ils finissent par fusionner. En approchant, le rez de chaussée amplement ouvert laisse deviner un « sous bois » ciselé, raffiné. Des volumes aux proportions généreuses et variées offrent un écrin propice à l’exposition et aux performances. Ils s’articulent comme une promenade en foret. La frontière entre l’intérieur et l’extérieur s’amenuise.
Le premier étage offre des perceptions différentes. L’intérieur de chaque forme est protégé par une coque légèrement percée. Tel des alcôves elles nous isolent du tumulte. Cet espace est principalement destiné à la consultation pour ne pas dire à la méditation. On peut ici consulter les ouvrages à sa guise. Debout en flânant, simplement assis ou assis par terre appuyé contre un « tronc » à l’ombre d’un feuillage d’acier. De multiples recoins offrent la possibilité de s’isoler pour plonger dans la lecture d’un manga ou méditer à la profondeur d’un Haïku. A l’inverse l’espace central distribuant les alcôves est ouvert et favorise les rencontres.
Le deuxième et dernier étage est principalement lié à l’exploration , la recherche. Les salles offrent de grandes hauteurs sous plafond afin de permettre toute sorte d’occupation. En opposition au niveau inférieur, cet étage invite à la rencontre, au partage, aux activités collectives. Peut-être le moyen pour transmettre ces traditions si riches que sont l’art d’agencer des bouquets, de fabriquer des origamis ou encore de transmettre la calligraphie. Pour toutes ces raisons et bien plus encore, assoupissez vous sur l’herbe tendre à l’ombre des grands arbres, et partagez donc cet Haïku comme une invitation au voyage:

Puisqu’il le faut
Entraînons-nous à mourir
À l’ombre des fleurs.
Haïku
Kobayashi Issa (1763-1828)

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